Bientôt l'été ! Les baies en abondance dans la nature et au jardin...

Santé et gratuité

Dans la catégorie des miracles nutritionnels que la nature nous offre, les baies occupent une place de choix. Gorgées d’eau, particulièrement pauvres en sucres et riches en fibres, elles concentrent ce que le monde végétal a de meilleur : des vitamines éclatantes et des antioxydants protecteurs.

Elles sont au cœur de la philosophie Graine Sauvage : une nourriture gratuite, brute, qui ne demande qu’à être cueillie au fil de nos balades printanières et automnales. Parce que ces fruits s’abîment vite et affichent des prix exorbitants dans le commerce, réapproprions-nous le geste ancestral de la cueillette. Manger sur place, c’est s’offrir un shoot de nutriments intacts, sans intermédiaire (certaines baies doivent être cuites impérativement). On peut nourrir son corps et son esprit sainement, de manière équilibrée, avec trois fois rien.

Les incontournables de nos jardins et chemins

Cassis

Un concentré absolu de vitalité, contenant jusqu'à trois fois plus de vitamine C que l'orange. Ses pigments sombres (anthocyanes) protègent la microcirculation, soutiennent la vision et offrent une action antioxydante majeure.

 

Myrtilles

Reines des landes et des sous-bois acides (notamment en Bretagne), elles sont une source majeure de ptérostilbène et d'anthocyanosides. Elles améliorent la vision nocturne et dorlotent la muqueuse intestinale.

Framboises

Trésor de douceur et de légèreté, la framboise est une baie hautement antioxydante et riche en fibres douces qui régule la glycémie, soutient la digestion et apporte une mine de vitamine C.

Les feuilles de framboisiers renferment des tanins, des flavonoïdes et des polypeptides.

Fraises

Gorgées d'eau, très peu sucrées et exceptionnellement riches en vitamine C et en manganèse, qui purifie l'organisme, stimulent le métabolisme et protègent les cellules du vieillissement.

Les jeunes feuilles peuvent être ajoutées crues aux salades composées (elles sont astringentes, riche en vitamine C, renferment des tanins, de la silice)

Même si c’est considéré comme marginal, il faut savoir que la fraise des bois crue peut engendrer une parasitose ( l’echinococcose). Le risque est totalement écarté lorsqu’elle est cuite.

Groseilles (rouges, roses, blanches)

Une acidité vivifiante qui stimule les sécrétions digestives, doublée d'une grande richesse en pectine, idéale pour la satiété.

Groseilles à maquereau

Riche en vitamine C et en pectine, la groseille à maquereau stimule puissamment le foie, facilite la digestion des graisses et régule la glycémie grâce à son profil naturellement acide et sa pauvreté en sucres.

Attention aux épines acérées lors de la cueillette.

Mûres de ronce

Revitalisent l'organisme et régulent la glycémie grâce à sa richesse exceptionnelle en antioxydants protecteurs et en fibres douces bénéfiques pour le microbiote.

Les jeunes pousses peuvent être légèrement fermentées pour préparer une infusion. Les pétales de fleurs peuvent être ajoutées aux salades pour les décorer. Les fruits se mangent crus ou cuits en confitures, gelées… Par fermentation, on peut obtenir un vin de mûres.

Mûres de murier

Mines de fer, de vitamine C et d'anthocyanes puissants. Elles sont exceptionnelles pour tonifier le sang, soutenir la circulation lymphatique et lutter contre la fatigue printanière ou automnale.

Au jardin, les framboisiers, cassissiers, groseillers, muriers…font leur vie et d’une année sur l’autre sont de plus en plus productifs. Un vrai régal. Les framboisiers nous font même l’honneur de fructifier 2 fois dans la saison.

Hors des sentiers battus : Les pépites sauvages

Aronias

Riches en antioxydants puissants et à faible indice glycémique, ces baies revitalisent l'organisme, protègent le système cardiovasculaire et régulent l'énergie profonde. Elles sont un goût très amer, quelques baies suffisent à soutenir notre énergie.

Argouses 

Elles contiennent jusqu'à 30 fois plus de vitamine C que l'orange. L'un des rares fruits à contenir des acides gras oméga-3, 6, 9, et surtout le très rare oméga-7, protecteur des muqueuses et de la peau. Elles sont toniques et anti-infectueuses.

Très acides, elles se consomment en sirop ou en gelée. Attention aux épines lors de la cueillette.

Prunelles (Épine noire)

Leurs tanins et acides organiques en font un excellent tonique général et un astringent efficace pour réguler les intestins paresseux ou enflammés. A consommer uniquement cuites. Il est possible de les lactofermenter ( pendant 3 semaines pour se garder plusieurs années) pour les conserver comme des olives dans une saumure. Elles perdent ainsi de leur astringence.

Cynorrhodons

Le fruit de l'églantier. Exceptionnellement riche en vitamine C et en caroténoïdes (précurseurs de la vitamine A), il soutient la régénération des tissus cellullaires. En pratique : On retire les poils irritants à l'intérieur pour consommer la pulpe crue (qui a un goût de pâte de fruit acidulée) ou séchée en infusion.

On peut en faire une soupe ( traditionnelle scandinave).

Sureaux noir

Les baies de sureau sont riches en flavonoïdes spécifiques qui bloquent la réplication de certains virus hivernaux (comme ceux de la grippe ou du rhume). En pratique : Ne jamais les consommer crues (elles sont légèrement toxiques et provoquent des vomissements). Cuites en sirop léger sans sucre raffiné ou en gelée, elles deviennent un remède ancestral d’une efficacité redoutable.

Les feuilles peuvent être utilisées en infusion contres les états grippaux. Elles sont diurétiques et dépuratives.

Arbouses (à l’automne)

Riches en vitamine C et polyphénols, soutien digestif et intestinal, protection cardiovasculaire. Acide malique et sucre simple. Les feuilles sont antiseptiques des voies urinaires.

Ne pas trop en abuser à l’état crue et bien les manger rouges. On peut en faire des marmelades.

Baies de genièvre

Le genévrier offre une baie puissante et résineuse qui active puissamment le feu digestif, purifie les reins et stimule l'élimination des toxines avec seulement quelques grains écrasés.

Très aromatiques et peu sucrées, elles peuvent servir de condiment idéal avec le chou. Ecrasées avec du beurre, on en fait une pâte à tartiner aromatique.

Cenelles

La cenelle (le fruit de l'aubépine) apaise le cœur, régule le rythme cardiaque et protège les intestins grâce à sa chair farineuse riche en antioxydants et en pectine douce. Elles se mangent très mures.

Amélanches

Riches en fer et en antioxydants, qui protègent la circulation sanguine et ravivent les papilles par ses notes uniques de myrtille et d'amande. Fruits sucrées.

Nombreux pépins, peut se manger crue ou en compote, confiture, séchées.

Cornouillers Mâles

Exceptionnellement riche en vitamine C et en antioxydants.

Ne les mangez surtout pas quand elles sont bien rouges et fermes sur l'arbre, elles sont terriblement astringentes ! Attendez qu'elles soient bordeaux foncé, blettes (un peu molles) et qu'elles tombent au sol. Là, elles deviennent douces, acidulées, avec un goût unique qui rappelle la cerise et la canneberge.

Cuites : c'est une merveille de simplicité. Avec un peu de savoir-faire, on peut en faire des gelées, des confitures, des sirops ou des compotes. C'est l'illustration parfaite qu'on peut nourrir le corps et l'esprit sainement, de manière équilibrée, avec trois fois rien, simplement en tendant la main vers la nature.

Gojis

Baie de la longévité par excellence, le goji est un superaliment exceptionnellement riche en antioxydants, vitamines et acides aminés qui stimule l'énergie vitale, renforce le système immunitaire et protège les cellules contre le vieillissement.

Canneberges (cranberry)

Véritable bouclier naturel, la canneberge est une baie hautement antioxydante, célèbre pour sa richesse en vitamine C et en composés spécifiques qui protègent le système urinaire en empêchant la fixation des bactéries.

Myrtes communs

Le myrte produit de petites baies charnues, d’un bleu-noir profond à maturité (il existe aussi une variété à baies blanches), surmontées des restes du calice de la fleur.

En cuisine : Les baies ont une saveur très particulière, à la fois résineuse, fruitée et légèrement astringente, évoquant le genièvre et le romarin. On les utilise séchées comme épice (pour parfumer des plats ou des desserts), ou fraîches pour réaliser la célèbre liqueur de myrte.

Les feuilles aussi ! Les feuilles de myrte sont extrêmement aromatiques. On les utilise en infusion ou pour parfumer les plats, un peu comme le laurier-sauce.

Pistachier térébinthe

Ses grappes de baies, un peu plus grosses, virent du rouge rosé au bleu-vert foncé, presque violacé, à la fin de l’été.

Ils ont une saveur acidulée et très aromatique, toujours marquée par cette note de résine ou de térébenthine. On peut les grignoter en balade pour se rafraîchir la bouche.

Une fois récoltés bien mûrs et séchés, ces fruits peuvent être torréfiés et moulus. Ils servent à préparer une boisson chaude traditionnelle sans caféine (le “café de térébinthe” ou Menengiç en Turquie).

Airelles rouges

Petite perle sauvage des sous-bois et des landes, l'airelle rouge est une baie ultra-vitaminée et fortement antioxydante qui soutient la sphère digestive, protège le système urinaire et apporte une action anti-inflammatoire naturelle.

Sorbes

Offrent en automne des baies rouge vif qui, bien que toxiques crues, se transforment après cuisson en une délicieuse gelée sauvage et revitalisante

Camarines noires

Elles produisent à l'automne de petites baies d'un noir brillant qui sont parfaitement comestibles : bien que fades ou légèrement acides quand on les croque crues, elles révèlent une saveur délicieuse et une superbe couleur violette une fois cuites en confiture, en gelée ou en coulis, tout en étant gorgées d'antioxydants et de vitamine C.

⚠️ Règle d'or de la cueillette sauvage : Ne consommez jamais une baie sans une identification certaine à 100%. La nature nourrit généreusement, mais exige en retour de la rigueur et du respect.

Les toxiques 

La belladone

Quelques baies peuvent entrainer la mort.

L'Arum tacheté

Elle aussi mortelle.

Troubles digestifs, neurologiques et cardiaques graves :

Bryone dioïque

 Aussi appelée "navet du diable", c’est une plante grimpante munie de vrilles qui s'enroule partout dans les haies. Ses petites baies vertes deviennent d'un rouge écarlate et mat à l'automne.

Parisette à quatre feuilles

Une plante de sous-bois très géométrique : une tige unique portant exactement quatre feuilles en croix, au centre desquelles trône une seule et unique baie bleu-noir. Sa couleur et la pruine (le voile blanc) qui la recouvre la font ressembler à s'y méprendre à une grosse myrtille sauvage.

Le Sceau de Salomon

Ses tiges arquées portent de jolies clochettes blanches au printemps, qui se transforment à l'automne en petites baies suspendues bleu-noir ou violacées.

If commun

Troène commun

Houx

Le sureau hièble

Confusion possible avec le Sureau noir qui est un arbre/arbuste ligneux (avec du bois et de l'écorce) dont les ombelles de baies penchent vers le sol à maturité. Le Sureau hièble est une plante herbacée (tiges vertes qui meurent en hiver), plus basse, dont les grappes de baies restent dressées vers le ciel. Le sureau hièble provoque de violents vomissements et diarrhées

Le tamier commun

Les baies du Tamier sont d'un rouge très brillant, presque translucides, molles, et pendent le long d'une liane souple sans la moindre épine. Elles contiennent des cristaux d'oxalate de calcium qui brûlent la bouche et provoquent de graves troubles digestifs.

Le viorne obier

En cas d'ingestion suspecte : Ne faites jamais vomir la personne (cela peut aggraver les brûlures ou provoquer une fausse route). Appelez immédiatement le Centre Antipoison ou le 15, en prenant si possible une photo nette de la plante et des fruits incriminés pour une identification rapide.

Inspiré des travaux de François Couplan : Plantes sauvages comestibles, cueillir la nature parmi les prés et les bois.