Facilité (supermarchés) vs simplicité (la nature)

Ou comment notre rapport au temps conditionne nos actions.

Commençons par définir ces deux mots dans le contexte de l’alimentation.

Facilité : Prendre sa voiture ou ses jambes et entrer dans un magasin. Acheter tout ce dont nous avons besoin, en privilégiant le « tout prêt ». Rentrer chez soi, ouvrir le paquet (si ce n’est déjà fait) sur le chemin du retour et réchauffer un plat au micro-ondes pour le manger, puis trouver une poubelle pour jeter tous les (sur)emballages. Le trait est grossi, mais vous comprendrez l’idée.

Simplicité : Avoir un jardin, cueillir une pomme sur l’arbre et la manger. C’est simple, mais pas forcément facile, car il faut avoir un jardin, un pommier productif et être à la bonne saison…

Le facteur TEMPS est essentiel dans ces deux approches. La première démarche est rapide, mais suppose d’avoir de l’argent. La deuxième demande de composer avec les cycles de la nature et son environnement, mais peut être totalement gratuite.

Je vais ici détailler davantage le concept de simplicité relié à la patience et à la lenteur. Dans nos sociétés modernes, nous sommes déjà bien informés du « confort » que peuvent nous apporter les produits industriels pour nous faire gagner du temps. Je ne passerai pas, par contre, sur le fait que cela nous déconnecte d’un certain bon sens et finit par nous stresser : nourriture peu nutritive, overdose de marketing et poubelles qui s’accumulent.

Ce post sera l’occasion de revenir à des notions plus contemplatives au travers des levains, des ferments, de la lactofermentation, du trempage des graines et de la germination. Car qu’y a-t-il de plus simple que des graines et de (bonnes) bactéries ?

Alors, on me rétorquera que manger « brut » demande du temps de préparation et que nous manquons tous de temps (et d’envie) pour nous transformer en cuisinier une fois à la maison. Je répondrai que je ne suis pas non plus adepte du temps passé en cuisine, des plats à laver et des recettes qui demandent trop de préparation.

Je prône la simplicité en cuisine aussi.

Alors, comment concilier une nourriture saine et brute avec cette aspiration à ne pas passer sa vie à faire la popote ? Laisser faire la nature et suivre son rythme est la solution. Si nous mangeons ce qu’il y a dans notre environnement, il n’y a qu’à cueillir. Si nous voulons profiter de tous les bienfaits offerts par les aliments, nous les mangeons crus. Il n’y aura de préparation que le lavage, le découpage et l’assaisonnement — ce qui est très rapide si l’on a les bons ustensiles.

Ensuite, avec une bonne cocotte, nous n’aurons qu’à laisser mijoter les légumes ; idem dans un cuit-vapeur. Le temps de cuisson, ce sont des minutes libérées pour autre chose. Il y a aussi un côté méditatif à éplucher et couper. La respiration se calme, le temps ralentit. Avec de la pratique, cela devient apaisant. Et en bonus, en prenant ce temps de préparer nos bocaux ou de hacher nos légumes, nous faisons bien plus que de la cuisine : nous entrons dans une forme de neuro-nutrition douce. Ce geste répétitif et méditatif informe notre cerveau que le repas arrive, apaisant notre système nerveux avant même la première bouchée, ce qui améliorera notre digestion à venir, tout simplement..

Et avec un peu d’organisation, il est en plus possible d’anticiper plusieurs repas, ce qui facilite ensuite les choses. Comme quoi, la simplicité peut aussi se coupler à la facilité !

Revenons sur le côté santé. Pour nourrir notre microbiote et booster notre système immunitaire, rien de plus efficace que les produits fermentés. Et là, ça devient carrément magique. Le temps fait des petits miracles. Le levain va faire lever le pain, les ferments de yaourt densifier la boisson au soja, la fermentation faire pétiller les fleurs en boisson... et ce, si simplement, juste avec quelques ingrédients et du temps. Sans aucune cuisson.

Il suffit d’attendre avant de se régaler. Et si l’on anticipe, nous pouvons savourer une préparation pendant qu’une nouvelle est en train de se faire. Cerise sur le gâteau : le processus est perpétuel. Kéfir, kombucha, ferments, levain : ce sont presque de nouveaux compagnons à adopter, qui rendent de grands services à notre palais et à notre vitalité. Cela apporte vraiment de la joie dans notre rapport à la nourriture, qui devient vivante, vibrante.

Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots...) quant à elles sont des merveilles nutritives qu'il suffit de laisser tremper la veille (pour que les antinutriments soient neutralisés) et qu'il suffira de cuire le lendemain pour profiter de leurs protéines végétales.

De mon côté, je découvre cet univers depuis quelques mois et quel régal, dans tous les sens du terme ! J’invite tout le monde à expérimenter et à voir que parfois, il suffit de se déconditionner pour entrer dans un monde merveilleux qui n’attendait que nous… dans une abondance de vie et de saveurs.

Se nourrir, bien mâcher, ralentir. Laisser le bruit du pétillant caresser nos oreilles, celui de la cocotte qui siffle nous rappeler nos grands-mères, et l’odeur du pain chaud nous chatouiller les narines. Retrouver simplement de l’authenticité. Quelle libération pour notre plus grand bien !

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